Les origines du poste de travail

Les origines du poste de travail
6 octobre 2015 emsi

Trouver une définition du poste de travail qui fasse consensus aux yeux de tous n’a pas été chose facile, car bon nombre de corporations de métiers se l’approprient à tort ou à raison, à telle enseigne qu’il est difficile de trouver une définition de ce terme qui fasse consensus aux yeux de tous. 

Pour notre part, nous avons eu à faire un arbitrage suite aux différentes lectures d’articles effectuées dans le cadre de nos recherches et nous avons désigné le poste de travail informatique comme la composante matérielle et logicielle de l’ordinateur. Il importerait de noter que le terme “poste de travail” a commencé à être utilisé avec le début de la programmation, quand les développeurs ont pu disposer d’un ordinateur personnel pour travailler.

Le poste de travail a connu une évolution fulgurante que nous tracerrons dans nos articles.

La seconde guerre mondiale a poussé les grandes puissances (USA, UK, France, URSS, Allemagne…) à traiter un grand nombre d’informations de qualité (confidentielles, précises…) et à manipuler des calculs très compliqués. L’usage des super-calculateurs devient une solution pour devancer l’ennemi.

ENIAC

ENIAC, 1946

C’est là qu’apparu l’ENIAC (Electronic Numerical Integrator Analyser and Computer) en 1946, à l’université de Pennsylvanie, sous l’impulsion du gouvernement américain. Il s’agit d’un ordinateur permettant de faire des calculs très complexes ainsi que des prévisions météorologiques précises et quasi instantanées (quelques minutes). A cette époque, il s’agit du premier ordinateur totalement électronique et programmable, occupant une place de 1500 m2. Il fut par ailleurs utilisé pour des calculs ayant servi à mettre au point la bombe H.

D’autres ordinateurs ont suivis, avec différentes caractéristiques évolutives, à part une seule : l’interface. En effet, les utilisateurs intéragissaient avec la machine via des commandes à  travers une interface assez austère. “Les usagers de nouveaux ordinateurs [étaient] souvent frustrés et déçus par de lourdes procédures de manipulation, des messages d’erreurs obscurs, des systèmes intolérants et confus au comportement incompréhensible, mystérieux et intimidant”, cite Paul A. Booth plus tard dans son livre “An Introduction to Human-Computer Interaction”. La création d’une interface graphique permettant une utilisation plus simple des machines devint un réel besoin.

Sketchpad

Sketchpad, 1953

Ce n’est qu’en 1953 que Ivan Sutherland, un doctorant du MIT, met au point la première interface graphique. Il s’agit d’un logiciel graphique interactif dénommé Sketchpad, qui grâce à un stylo optique utilisé sur l’écran, permet la conception de schémas techniques.

Ce fut une grande avancée technologique, qui a suivie son chemin vers l’introduction de deux technologies devenues incontournables : la mémoire virtuelle et la multi-programmation, grâce à des études menées par l’université de Manchester et Ferranti. L’exemple le plus marquant du poste de travail multitâches est l’AGC (Apollo Guidance Computer) apparu en 1969. Il avait pour but d’assister les astronautes dans les calculs de trajectoires et était également capable de prendre temporairement les commandes. C’est l’ancêtre du pilote automatique.

AGC

Clavier et écran dans le module de contrôle de l’AGC

L’AGC n’était pas doté de microprocesseur mais il possédait des capacités inédites pour l’époque (2 Mhz de fréquence , 4 Ko de mémoires vives, 32 Ko de mémoire morte et jusqu’à 8 tâches en parallèle).  A titre d’exemple, l’IPhone 6, sortit fin 2014, est 120 millions de fois plus rapide que l’AGC. Théoriquement ce smartphone pourrait piloter simultanément 120 millions de fusée Apollo 11.

Avec toutes ces quantités d’informations qui transitent à travers les systèmes d’informations des postes de travail, il apparait tout à fait nécessaire de s’interroger quant au traitement de ces données.

Notons qu’entre les années 65-70, les premiers systèmes de gestion de base de données ont commencé à être conçu par IBM et General Electric. IBM à travers sa base hiérarchique nommé IMS et General Electric à travers IDS.

Bien que l’après-guerre représente une période pionnière dans l’histoire de l’informatique du fait de l’apparition des premiers ordinateurs programmables, il a fallu attendre les années 70 pour en faire un usage personnel et interactif, grâce à de nombreuses innovations technologiques. Différents organismes, industries et universités ont contribué à la transformation du monde numérique (architectures des machines, composants, interfaces homme-machine, etc). Mais en quoi cette période va-t-elle réellement révolutionner le monde informatique?

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