L’interface utilisateur : l’histoire d’une carte perforée qui anticipe aujourd’hui nos pensées

L’interface utilisateur : l’histoire d’une carte perforée qui anticipe aujourd’hui nos pensées
6 octobre 2015 emsi
le boulier

le boulier

Tout au long de l’histoire, l’homme a toujours cherché à se simplifier la vie, en accélérant, ou en facilitant, des tâches rébarbatives. C’est ainsi que sont nés les premiers “calculateurs”, ancêtres de nos actuels ordinateurs. Comme leur nom l’indique, ces machines servaient à la base à faciliter les calculs.

En voici le parfait exemple, le boulier, bien que primaire, fut utilisé par certaines écoles françaises jusqu’au 18ème siècle. Néanmoins, cette méthode avait ses limites (automatisation, capacité de calculs….).

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la pascaline

la pascaline

Entre temps, le mathématicien et inventeur Blaise Pascal, créa en 1642 (à l’âge de 19 ans) la “Pascaline”, première machine mécanique à calculer. Cependant, il est désormais admis que ce fût Wilhelm Schickard, professeur à l’université d’Heidelberg, qui inventa la première machine à calculer, qu’il baptisa simplement : “horloge à calcul”.

Jusqu’à la fin du 19ème siècle, plusieurs tentatives concernant la notion de machines programmables ont été amorcées, notamment avec Joseph Marie Jacquard et son métier à tisser, ou encore Charles Babbage qui chercha à créer la première machine à calculer programmable. Les machines ont cependant commencé à évoluer avec l’arrivée de l’électricité, automatisant plus encore les calculs.

Et bien que Jacquard utilisait déjà des cartes perforées, voir des rubans perforés, pour faire fonctionner son métier à tisser, il faudra attendre 1890 pour voir apparaître la première machine à calculer avec cartes perforées.

Machines à cartes perforées

En 1880, le recensement de la population américaine fut effectué manuellement et dura environ “7 ans”. Par conséquent, lorsque ces données eurent finies d’être traitées, elles étaient déjà obsolètes. L’état en prit conscience et chercha un nouveau moyen plus efficace de réaliser ces calculs: c’est alors que les machines à calculer à cartes perforées apparurent.

Carte perforée

une carte perforée

Ces dernières permirent de réduire de façon drastique le temps nécessaire au recensement de la population, et furent également utilisées dans les usines afin de calculer le salaire des employées. Les cartes perforées sont des morceaux de papiers cartonnés contenant des informations modélisées par la présence ou l’absence de trou à une position donnée. Elles furent inventées dans le but de répondre à des besoins industriels pour automatiser certaines tâches manuelles. Ces machines utilisent des paquets de cartes perforées afin de réaliser les instructions souhaitées.

Cependant, les machines contiennent de nombreux inconvénients. En effet, celles-ci sont extrêmement chères, et sont donc réservées aux grandes entreprises et États qui sont les seuls à pouvoir maintenir et acheter de telles machines. Il n’existe pas de cours ou de formation sur la programmation des cartes perforées. De ce fait, les employés doivent apprendre par eux-mêmes le fonctionnement de ces machines austères.

Les machines ont continué par la suite à évoluer : machines électromécaniques, machines à mémoires, etc. L’inconvénient de ces machines réside dans le fait qu’il n’y a aucune notion de conversation entre la machine et son utilisateur. Il faudra attendre le début des années 70 pour que les “télétypes”, puis les consoles fassent leur apparition, permettant ainsi aux utilisateurs de réellement échanger en temps réel avec leurs machines.

Interfaces en ligne de commande

Lignes de commandesPremières formes d’interfaces conversationnelles entre l’homme et la machine, les interfaces en ligne de commandes ou “CLI” en anglais, furent la prochaine évolution permettant l’envoi et la réception de caractères vers l’ordinateur. L’utilisation des machines en fût donc grandement facilitée car les commandes se sont rapprochées du langage humain.

C’est principalement la jeune entreprise “Microsoft” et son MS-DOS (évolution du Q-DOS) qui participera à la démocratisation de cette interface en l’embarquant tout d’abord sur les IBM PC, puis sur leurs “descendants”, les compatibles PCs. Il n’aura cependant pas tenu le choc à l’arrivée des interfaces graphiques, et s’éteindra après sa 8ème version, à l’arrivée de Windows XP.

En parallèle, d’autres systèmes virent le jour, tel qu’Unix, qui reposait sur le principe d’interpréteur, ou shell que l’on nomme aujourd’hui “ligne de commande”. Ce système fût particulièrement répandu dans les milieux académiques américains dans les années 80, puis fût repris par énormément de starts-up ayant acquis leurs connaissances informatiques sur cet OS. La technologie Unix est encore aujourd’hui le système le plus utilisé au monde, tout appareil confondu (ordinateur, smartphones, routeurs,…). En effet, plusieurs OS fonctionnent encore sur une architecture Unix : les variantes de BSD, Linux et ses déclinaisons, iOS d’Apple, Cisco IOS, etc.

De nos jours, de nombreuses personnes continuent à utiliser les lignes de commande afin de réaliser certaines tâches, car ces actions peuvent être exécutées de façon rapide et instantanée. Cette pratique est encore très grandement appréciée chez les personnes travaillant dans la programmation, ou encore l’administration système et réseaux. Cependant l’utilisation de la ligne de commande n’est pas innée, et nécessite un apprentissage qui peut s’avérer très compliqué à appréhender.

Il faudra attendre l’arrivée des premières interfaces graphiques pour réellement commencer à démocratiser l’usage des ordinateurs, et arriver aux appareils que nous connaissons aujourd’hui.

Interfaces graphiques

Les premières interfaces abordaient une approche “technocentrée”, c’est-à-dire centrée sur la machine et ses possibilités, auxquelles l’utilisateur doit s’adapter. Les interfaces graphiques sont le parfait exemple de l’évolution qu’on suivit les Interfaces Homme-Machine (IHM) au cours du temps, pour arriver sur une approche “anthropocentrée”, c’est-à-dire tournée cette fois sur l’homme et ses besoins. C’est donc maintenant à la machine de s’adapter à l’utilisateur.

le Xerox Star

le Xerox Star

L’interface graphique telle qu’on la connaît aujourd’hui apparaît dès 1981 grâce aux ingénieurs du Xerox PARC et de leur produit : le Xerox Star. Cette station de travail est destinée à être utilisée pour la bureautique par des employés de bureau, et non des informaticiens. C’était à la base une simple émulation d’un véritable bureau où l’on retrouvait fichiers et dossiers aussi simplement que s’ils existaient réellement sur un bureau. S’en sont suivies la “machine à écrire”, la corbeille et la calculatrice.

Avec le temps, les ordinateurs sont devenus de plus en plus abordables, jusqu’au jour où ces machines sont devenues moins chères que le coût d’un homme/jour. A partir de là, il fallait trouver une méthode pour rentabiliser le temps de l’utilisateur.

La solution est venue d’un certain Steve Jobs venu rendre une visite au Xerox Parc avec son équipe. Ayant tout de suite vu le potentiel d’une telle invention, il créa “Lisa” en 1983, puis le “Macintosh” l’année suivante. Le premier ne rencontra pas le succès escompté, notamment à cause de son prix, mais le second fût l’un des premiers gros succès de l’informatique sur le grand public, notamment grâce à son prix deux fois moins cher que son prédécesseur.

Evolution de Windows depuis sa création

Évolution de Windows depuis sa création

Bill Gates créa dans la foulée ce qui deviendra Windows, ce qui ne fut pas du goût de Steve Jobs qui l’accusa de vol. En effet, Microsoft travaillait à l’époque sur le développement du tableur et du traitement de texte, qui deviendront à la suite Excel et Word. De ce fait, Bill Gates dû signer un accord où il s’engagait à ne développer aucun concept d’interface graphique avant un an, chose qu’il ne tenu pas. Néanmoins, Windows est depuis devenu le système d’exploitation le plus utilisé au monde à travers ces diverses améliorations et évolutions.

 

 

 

L’homme a développé la machine en essayant dans un premier temps de maîtriser sa complexité et sa technicité. Celles-ci rendaient la communication homme-machine difficile, mais les progrès techniques permirent de se rapprocher du langage et du fonctionnement humain.

Les sciences dites humaines ont considérablement contribuées aux évolutions qu’ont subi les interfaces utilisateur depuis leur création. La psychologie par exemple, est rapidement entrée en compte pour élaborer des interfaces de plus en plus intuitives, même pour un néophyte . Il est donc intéressant de se demander quel a été l’apport de ces sciences sur l’évolution des User Interface, ce qui sera le sujet de notre prochain article.

 

 

Sources:

http://educmath.ens-lyon.fr/Educmath/recherche/archives/partenariat-inrp-08-09/trema1/boulier.jpg/view?searchterm=

https://www.surlatoile.org/article/15930/evolution-logo-Windows

http://www.universfreebox.com/article/20787/Xerox-Star-Il-y-a-32-ans-lancement-de-la-souris

http://marcoux.ebsi.umontreal.ca/

http://www.skd.museum/en/museums-institutions/zwinger-with-semperbau/mathematisch-physikalischer-salon/the-pascaline/

 

 

 

 

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