Le stockage en informatique

Le stockage en informatique
6 octobre 2015 emsi

La notion de stockage est une notion aussi évidente que celle de marcher ou boire, en ce sens que cela fait partie des actes que nous effectuons quotidiennement sans y penser spontanément. Stocker ses aliments, stocker ses documents, stocker ses données. Si aujourd’hui cette notion s’est inscrite naturellement dans nos comportements, cela n’a pas toujours été le cas. Comment est-­on passé de la disquette de 3,5’’ qui stockait environ 1,5 MO (à peu près la taille d’un livre numérique) au smartphone capable de stocker près de 128 GO aujourd’hui ? Comment le cloud remet-il en question les frontières légales entre les pays ? En somme, au regard des évolutions technologiques affectant les habitudes, il nous apparaît crucial de poser non seulement la question de l’évolution du stockage dans l’histoire de l’informatique, mais également de mettre en perspective cette évolution avec l’impact que cela reflète sur d’autres domaines. Par conséquent, nous vous proposons de décliner cette problématique selon 4 points que nous avons identifiés : Technologie, sécurité, juridique, perspective

technologie

Les prémices du stockage de données tel qu’on le connait de nos jours datent de 1725. Basile Bouchon — un Lyonnais — met au point le premier système de programmation semi-­automatique pour les métiers à tisser. Semi­programmable, car il nécessitait l’intervention de l’humain afin de remplacer les rubans qui permettaient aux machines d’exécuter les programmes. Cette invention inspirera le créateur de IBM, MM Herman Hollerith qui créera en 1956 le 1er disque dur, le RAMAC 305 (Random Access Memory of Accounting and Control).
Cet ancêtre de la clé USB avait la capacité de stocker 5 mégaoctets de données, ce chiffre qui fait sans doute sourire aujourd’hui représentait pourtant une performance à cette époque.Herman Hollerith

                                                                                                             Herman Hollerith

lesancetres

En effet, ce périphérique fut développé pour le projet SABRE de la compagnie American Airlines, celle­-ci avait un système de réservation manuel et avait constaté qu’elle subissait d’énormes pertes en raison de réservations effectuées (non payantes) et abandonnées sans que ces opérateurs puissent répercuter l’information à temps. L’invention d’IBM a permis avec la multiplication des disques durs et d’un système de transmission entre agences, de palier à ce problème avec l’invention de la surréservation. Ce système sera ouvert à d’autres compagnies de transport, et fait partie des éléments qui ont favorisé entre autres la croissance du secteur du tourisme IBM ayant acquis une avance technologique en matière de stockage va désormais s’étendre sur le domaine des ordinateurs qui en est à ses balbutiements puisqu’on ne parle encore que de calculateurs.

 

Pub IBM 360 (1964)

Le lancement des IBM 360 et 370 en 1965 et 1974 a permis la naissance de la disquette dont la première mouture fut commercialisée en 1967. Il s’agit d’une petite révolution puisque c’est le premier support de stockage amovible, de format carré avec pour particularités un film plastique protégé sur le côté et au centre, un disque de plastique souple. Elle permettait de stocker les microprogrammes des calculateurs, mais également d’envoyer des mises à jour au client du format 8’’ de ses débuts capable de stocker 80 ko de donnés, elle évoluera vers le format 5’’ puis 3’’ (maximum1, 44 MO) à sa fin en 2011, non sans une dernière innovation avec la disquette Zip inventé par Ioméga en 1994, qui pouvait stocker jusqu’à 700 MO.

lesdispositifs

Vous vous demandez sûrement pourquoi, avec une si grande capacité de stockage et une facilité de transport, ce support a été arrêté en 2011. La réponse tient en 2 mots : CD dès 1982, Philips et Sony s’accordent sur la définition d’un nouveau standard, le CD-­ROM (créé en 1979). Le Compact Disc Only Read réunit les avantages de ses concurrents (disquette, disque dur) sans leurs inconvénients. Une bonne capacité de stockage (env. 700 MO), facilement transportable, capable de stocker des données informatiques et multimédias plus gourmandes en capacité de stockage. Cette période marque également l’invention de la mémoire flash (1980) qui permet de stocker jusqu’à 4 go, c’est cette technologie que l’on retrouve aujourd’hui sous la forme de cartes SD (Appareils photos), micro­SD (Smartphone, baladeur…). Dorénavant, capable d’embarquer jusqu’à 256 go, la notion de stockage physique devient presque évanescente. En effet, la loi de Kryder du nom d’un ingénieur américain qui prophétisait que la capacité des disques durs pouvait doubler tous les 13 mois tout en en divisant le coût par deux s’est avérée exacte, voire ­en ­deçà de la réalité qu’on observe actuellement. Rendez-­vous compte qu’en 1981, le coût de stockage d’un méga­octet (à peine une chanson MP3) était de 700 dollars. En 1994, il passait sous la barre de 1 dollar. En 2013, 1 centime suffisait… A cette étape de notre article, il nous semble opportun de faire le point sur les technologies des supports de stockage à travers l’histoire. Deux tendances fondamentales :
● de strictement physique à une évolution qui l’est de moins en moins
● une évolution des besoins des consommateurs (entreprises, publics…) vers une utilisation croissante de données (multimédia, informatique), qui se doit d’être stocké sur des supports mobiles tout en étant économique ; ce qui a eu pour conséquence l’émergence et le succès des solutions telles que la mémoire flash, le CD et la disparition de solutions telles que la disquette ou la relégation à des usages spécifiques (le disque dur…)

Cela nous conduit à aborder la fusion entre multimédia et informatique qui va s’accentuer au milieu des 90’s avec la création de supports tels que le DVD/Bluray Le DVD, autrement appelé le « Digital Video Disc » a été crée en 1995 par Philips, Toshiba, Sony et Panasonic.
Il se différencie du CD par sa capacité de stocker des films et vidéos et a réussi à s’imposer face à la « vieille K7 » ou VHS. Le DVD ressemble à un CD, en effet, il possède les mêmes caractéristiques physiques, cependant le laser de lecture utilise une longueur d’onde plus petite (650 nm contre 780 nm pour le CD), la capacité de stockage est augmentée. Par défaut, elle est de 4.7 Go, mais elle peut augmenter pour un DVD double couche et double face à 17 Go. Plus tard apparut le Blu-­Ray, successeur du DVD, à qui on avait prédit un bel avenir sur le marché, mais qui n’a malheureusement pas réussi à conquérir les consommateurs. Ce dernier né de Sony est sorti en France en 2007, c’est un support numérique permettant de stocker et restituer des films en HD. Le nom vient de la couleur bleue du laser de longueur d’onde de 405 nm, donc il permet une capacité largement supérieure au DVD classique. De 25 Go pour une simple couche à 200 Go pour 8 couches. Il existe aussi des Blu-­Ray audio pour accueillir de la musique et des Blu-­ray 3D pour du contenu en 3D.

Le Blu-­Ray n’a malheureusement pas réussi à s’imposer sur le marché, face à cet échec, Sony s’est donc interrogé sur les supports de demain… Les supports de demain : Violet-R­ay, successeur du Blu-­ray ? Après le format Blu-­ray, faudra-­t-­il bientôt parler des disques « Violet-­Ray » ? Concrètement, un partenariat entre Sony et l’université nippone a permis de mettre au point un nouveau type de laser dont la couleur spectrale oscille entre le bleu et violet, alors que le Blu-­ray se situe, comme son nom l’indique, dans le spectre lumineux du bleu. Ce laser projette également une longueur d’onde de 405 nm comme son cousin, mais cette technologie est capable de générer des pulsations optiques ultra­rapides d’une durée de 3 picosecondes (une picoseconde étant égale à un billionième de seconde). Le lecteur sera plus puissant et donc pourra atteindre des zones de stockage plus profondes. La capacité pourra être 20 fois plus élevée qu’un Blu-­ray, une capacité de stockage d’un téraoctet est possible. De quoi, mettre 50 films en HD ou bien toutes les saisons d’une série sur un disque, c’est incroyable, mais vrai. Ce n’est qu’au début des années 2000 qu’on entendit pour la première fois la notion de stockage en « téraoctets » en effet, en 2006 la HVD Alliance (Holographic Versatile Disc) a développé un nouveau moyen de stocker révolutionnaire. Près de quatre téraoctets de données stockées sur un simple disque. Ce nouveau type de stockage qui se présente sous la forme classique d’un DVD, mais avec une épaisseur de 3.5 mm au lieu de 1.5 mm fut commercialisé en Europe fin 2007. Comme pour les autres supports optiques (CD, DVD, Blu­ray), un rayon laser est utilisé pour stocker les informatiques sur le disque. Alors que pour ces derniers, le rayon grave les données sur une couche à la fois, le HVD, lui, dispose d’un laser qui au contact du disque, se divise en deux : ainsi au lieu d’être stocké de façon linéaire sur une surface plane, l’information est archivée en trois dimensions. Il devient donc possible de stocker beaucoup d’informations. Le stockage informatique a nettement évolué depuis la mémoire perforée et la disquette, nous sommes rapidement passés, en quelques années, d’un stockage en kilo­octets à un stockage en téra­octets. Depuis peu, nous entendons souvent parler de « dématérialisation » et de « cloud computing », mais savons-­nous réellement sur quoi reposent ces technologies et quel impact ont-­ils sur la sécurisation de nos données ?

dematerialisation

De nombreux facteurs devraient pousser la démocratisation du phénomène du « cloud computing » (la dématérialisation des données) et conduire les utilisateurs à abandonner de plus en plus le disque dur de leur ordinateur personnel, au profit du stockage d’informations en ligne, accessible depuis n’importe quel terminal connecté à internet. Depuis 2014, l’espace personnel dématérialisé pourrait remplacer le simple disque dur du PC dans le quotidien des utilisateurs d’internet. Ce phénomène s’explique notamment à travers l » apparition de la virtualisation (capacité à basculer d’un système d’exploitation à un autre) et la déclinaison des applications sur plusieurs environnements, la disponibilité 24h/24 des services de stockage en ligne et leur mobilité. La combinaison de tous ces facteurs fait que la dématérialisation des données permet d’y accéder de n’importe où, depuis n’importe quel terminal et à n’importe quel moment. Les entreprises ont aussi tout à gagner à adopter cette nouvelle tendance de dématérialisation, car il permet l’automatisation et l’amélioration des processus afin de réduire les coûts (papiers..) et améliorer le ROI (return on investment). La question qui nous vient à l’esprit, lorsqu’on entend le mot « dématérialisation » c’est : mais où vont nos données ? Où sont-­elles hébergées ?

L'avenir du stockage

L’avenir du stockage

Savez-­vous que sur Twitter, 7 téraoctet de données sont créés chaque jour et sur Facebook plus de 10? Afin de stocker en toute sécurité ces données, tout en garantissant un accès immédiat, des milliers de data centers sont été construits sur l’ensemble du globe. Ils sont aujourd’hui au moins 500 000 partout dans le monde! Par conséquent, ce que nous publions ou ce que nous conservons dans le “cloud” peut être hébergé n’importe ou dans le monde. Avec l’apparition d’Internet, des réseaux sociaux ainsi que la numérisation d’un certain nombre des activités de l’entreprise et de nombreuses activités de loisir, le monde a produit plus de 2,8 zettaoctets de données numériques en 2012, soit plus que la totalité des données produites dans l’histoire de l’humanité ! Désormais, nous pouvons stocker nos données chez un “hébergeur”. Les sites d’hébergement de fichiers sont des services qui permettent aux utilisateurs d’héberger des fichiers sur leurs serveurs. Certains hébergent tous les types de fichiers, d’autres se classent selon les types de fichiers qu’ils prennent en charge: vidéos, photographies, ou autres.. De nombreux sites web ont suivi le lancement de YouTube, un site américain qui héberge des vidéos et les diffuse en streaming depuis 2005. La popularité de ces sites n’a cessé d’augmenter. De plus en plus de sociétés proposent d’héberger les données des utilisateurs, parmi eux: Amazon, les opérateurs téléphoniques tels que Orange, SFR, Apple, Asus… Mais encore bien d’autres. Avec le développement rapide du Cloud, les entreprises et les internautes se posent légitimement la question de la sécurité de leurs données. Les cyberattaques se font de plus en plus nombreuses, ce qui remet en cause cette tendance de “dématérialisation”…

Merci aux intervenants du musée Aconit de nous avoir fourni les ressources nécessaires à la rédaction de cet article: http://www.aconit.org

http://www.capital.fr/enquetes/documents/la-folle-evolution-du-stockage-informatique-953110#OSQzWsPP0wq38cQJ.99

 http://histoire.info.online.fr/hard.html

 

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